Pas de surprise : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s'affronteront au second tour
dimanche 22 avril 2007 à 22:31
Le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, qualifié avec plus de 30% des suffrages, affrontera au second tour de la présidentielle la candidate socialiste Ségolène Royal, qui recueille plus de 24% des voix, selon des résultats partiels du ministère de l'Intérieur. Ce scrutin, marqué par une participation massive de plus de 84%, souligne la permanence de la bipolarisation dans le paysage politique français en dépit de la percée de François Bayrou, qui perd son pari du "ni droite ni gauche".
Le candidat de l'UDF arrive en troisième position avec plus de 18% des suffrages, mais il triple pratiquement son score de 2002 (6,84%), ce qui valide sa stratégie d'indépendance.
Après la qualification-surprise de Jean-Marie Le Pen en 2002 avec 16,86% des voix, le Front national enregistre un net recul à environ 11%. Comme le prédisaient les sondages, une part de l'électorat du Front national s'est vraisemblablement portée dès le premier tour sur Nicolas Sarkozy.
Jean-Marie Le Pen, qui avait régulièrement progressé dans les urnes, subit son premier camouflet électoral depuis sa première candidature de 1974.
Hormis le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, qui améliore légèrement son score de 2002 (4,25%) et se classe cinquième, la gauche antiradicale est en recul, ainsi que l'ensemble des petits candidats, selon toute hypothèse sous l'effet du réflexe du "vote utile" qui a bénéficié à Ségolène Royal, proche du score de François Mitterrand en 1981 (25,85%).
Nicolas Sarkozy, qui surclasse le président sortant Jacques Chirac dont le meilleur score avait été 20,84% en 1995, a lancé un appel à "tous les Français de bonne volonté" pour qu'ils "s'unissent" à lui le 6 mai, au second tour.
"Cette France fraternelle, ce rêve français, j'invite tous les Français de bonne volonté, quelles que soient leurs origines, quelle que soit leur croyance, quel que soit leur parti, à s'unir à moi pour qu'ensemble nous puissions la bâtir", a-t-il déclaré lors d'une allocution au QG de l'UMP, avant de s'offrir une traversée de Paris en voiture, comme le fit Jacques Chirac au soir de sa victoire en 1995.
BAYROU SE REJOUIT D'"UNE BONNE NOUVELLE"
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, qu'une rivalité farouche opposait à l'ancien ministre de l'Intérieur, a salué son "excellent score".
Un front anti-Sarkozy a commencé à se dessiner dimanche soir : Marie-George Buffet, Dominique Voynet, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot ont appelé à voter pour Ségolène Royal, qui a effacé le "traumatisme" du 21 avril 2002 à gauche.
La candidate socialiste a dit "tendre la main" à "toutes celles et ceux qui pensent comme moi non seulement possible mais urgent de quitter un système qui ne marche plus".
"Nicolas Sarkozy est un homme dangereux qui doit être battu", a lancé sans détour la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet.
En France, "il y a ce soir une volonté très forte de battre Nicolas Sarkozy", a estimé le député-maire PS de Nantes, Jean-Marc Ayrault.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a appelé à un "rassemblement très large" autour de Ségolène Royal. "Les conditions d'une victoire sont maintenant réunies", a-t-il jugé.
Jean-Marie Le Pen, qui donnera ses consignes de vote le 1er mai, a dit craindre que "les Français aient été abusés", visant Nicolas Sarkozy et ceux qui "se sont emparés des idées du FN".
"Je leur prédis avec tristesse des lendemains qui déchantent", a dit le président du Front national.
François Bayrou s'est réjoui d'"une bonne nouvelle" pour la France et s'est gardé de toute consigne.
"A partir de ce soir, la politique française va changer et elle ne sera plus jamais comme avant", a-t-il déclaré. "Il y a enfin un centre en France".
"Cette espérance que nous avons fait naître, j'en ai la charge je ne l'abandonnerai pas, ni une minute, ni une seconde pendant les jours, les semaines et les mois qui viennent", a-t-il promis.
Le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, qui avait apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, a évoqué "une ouverture politique" en direction du président de l'UDF, pour que "les gens qui n'ont pas exactement les mêmes idées puissent travailler ensemble".
Le candidat souverainiste du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, n'a pas donné de consigne de vote. Il dépasse les 2%, alors qu'il avait réalisé 4,74% en 1995.
Source : Reuters
Posté dans Présidentielle 2007
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Sentant le changement "pointer à l'horizon comme un signe du ciel", Jean-Marie Le Pen a accusé, à Nice, ses trois principaux rivaux dans la course à l'Elysée d'avoir "méprisé les citoyens, galvaudé la République et bradé la nation".
Lors de son dernier meeting avant le premier tour de la présidentielle dimanche, le candidat du Front national s'en est surtout pris à Nicolas Sarkozy, à Ségolène Royal et à François Bayrou, ses trois adversaires "du système et de l'oligarchie en place en laquelle les Français ne croient plus à force d'avoir été trahis".
Avec Sarkozy, Bayrou et Royal, "on prend les mêmes et on recommence", a-t-il lancé.
"C'est justement ce que les Français ne veulent plus. Vous avez méprisé les citoyens, galvaudé la République, vous avez aboli la peine de mort contre le voeu des électeurs et écarté près de la moitié des Français de toute représentation parlementaire, vous avez bradé la Nation en acceptant qu'elle disparaisse dans le grand magma européen".
Les grands opérateurs mondiaux de casinos croisent les doigts: le Japon va peut-être leur ouvrir son immense marché vierge de 127 millions d'habitants, dont le goût pour les jeux d'argent est réputé tout aussi prononcé que celui des autres Asiatiques.
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